Review (VF) : Le Nouveau Monde (1/2) (7è Mer)

Mettons les choses au point. Oui, ce mois-ci j’étais censé vous faire une petite chronique sur du Volume 2 des Nations de Théah, chronique à moitié écrite d’ailleurs. Mais là maintenant le Studio Agate, ces fourbasses, lance un financement participatif pour une campagne entièrement made in France « Le Prix de l’Arrogance » qui va faire voyager les joueurs vers le continent Azlante. 

Du coup, parce que j’avais une chronique en souffrance depuis un an (on remarquera donc le nombre de chroniques orphelines de finitions chez moi) et que j’aime être mon propre psy, j’ai tout plaqué pour vous faire vivre ma passion pour l’ullamaliztli !

Allez, on embarque pour cette chronique 100% John Wick avec « Le Nouveau Monde » !

Cette première partie parlera beaucoup de méta, tandis que la deuxième vous présentera les différentes nations citées sous l’angle de “qu’est-ce qu’on joue ?”

 

Fiche technique

Éditeur : Studio Agate

Résumé :

Trois Nations de longue date se disputent désormais le contrôle d’un empire morcelé, et leurs ambitions consument tous ceux qui arpentent leurs terres :

  • L’Alliance Nahuacane est une coalition militaire de cités en pleine expansion ;
  • Le Tzak K’an est un regroupement de cités-États indépendantes, liées par leur culture commune et leur mode de vie au sein des jungles denses et des anciennes ruines syrneth
  • Le Kuraq est un pays dirigé par une impératrice dévouée au culte de Supay, le dieu de la mort, et par les nobles mort-vivants qui la servent

L’Aztlan tombera t-elle au main des Théans ? Rejoignez les Aztlans dans leur lutte unificatrice en cette période de changements !

En plus d’offrir de nombreuses informations sur les Trois Nations, ce supplément pour 7e Mer propose de nouveaux Historiques, Avantages, Styles de Duel, Sorcelleries et Monstres. 

Rejoignez les Aztlans dans leur lutte unificatrice en cette période de changements !

 

« Le problème pour des escrocs comme toi et moi, c’est que là-bas c’est pas comme ici… Je veux dire ici tu te la ramènes genre 5ème prophète et personne pourra totalement te contredire et c’est parti pour l’évasion fiscale… Là-bas, bon point, ils ont pleins de petits dieux… Le problème c’est qu’ils sont vraiment là. Du coup c’est le dieu lui-même qui vient te demander des comptes. Fichu pays ! »

Le Nouveau Monde, c’est le complément que j’ai attendu durant toute la V1. C’est absurde parce que la gamme était déjà sortie complètement quand je l’ai achetée, mais je voulais envoyer mes joueurs coloniser des terres étrangères avec leur lot de spiritualités alternatives.

Du coup, spoiler alert, le livre ne parle pas d’une terre étrangère qu’il faut conquérir/coloniser, ou peuplée de peuples mystérieux aux coutumes exotiques. Autant pour mes rêves de jeune adulte brisé ! Cela dit, rien que ce principe de non-colonisation, rend le livre intéressant et met au centre ce que j’aime dans la gamme et que je n’aurais sans doute pas apprécié à l’époque. Sans doute parce que j’aurais eu du mal à ne pas regarder le monde par le miroir de mes cours d’histoire européeano-centrés qui balisaient pas mal mon imagination. 

On est, ici, sur un continent librement inspiré des civilisations précolombiennes qui auraient planté Colomb et auraient continué d’évoluer en souverains de leurs terres  Imaginez un monde où l’histoire ne se serait pas arrêtée à l’arrivée d’envahisseurs, aussi bardés de fer qu’ils l’étaient, et où l’homme blanc n’est pas le héros. Le vecteur du jeu de rôle pour explorer ces mondes alternatifs est pertinent et j’en veux pour exemple le JDR futuriste Coyote & Crow  qui est écrit par un Amérindien pour les Amérindiens mais aussi pour le reste du monde.

Ici, on n’est pas à ce point engagé mais il n’empêche que la volonté est la même. D’ailleurs, ce n’est pas John Wick qui a écrit le livre, il admet ses propres lacunes. Ce sont des spécialistes en histoire précolombienne, l’idée étant d’être le plus respectueux et pertinent possible. 

Le livre évite un autre écueil (auquel j’aurais succombé il y a 20 ans), le mythe du monde de « bon sauvage » vs « la nation décadente corrompue ». Autre classique que j’ai pas mal rencontré dans mes lectures/visionnages. Ici les nations locales n’ont pas à rougir des clowneries de celle du vieux monde et les nouveaux Vilains peuvent tenir le pavé à ce bon Empereur Soleil.

Voilà pour l’aspect éthique et à ce titre, je conseillerais l’achat du livre juste pour ça.

 
c'est sûr que ça change de l'eisen (quoique...)

« Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit. Je pense juste qu’un continent entier qui révère un Dieu unique tout puissant mais qui est incapable de le voir ou de lui parler directement, c’est un continent qui est crédule. »

Maintenant attaquons-nous à une critique récurrente que j’ai pu lire. Le Nouveau Monde ne serait pas un vrai livre de “cape et d’épée” et s’éloigne par là de la proposition originelle de 7ème Mer.

En fait, si on prend le temps d’analyser l’ouvrage, l’esprit Cape et d’épée est bien là. Ce Nouveau Monde reprend les codes du genre. Des nations plongées dans l’infamie et d’autres embourbées dans les problèmes, tout cela appelant des âmes nobles à venir y redresser les torts. C’est exactement le même principe que le travail effectué sur le vieux continent mais des enjeux propres. La vraie difficulté/différence n’est donc pas là.

Elle est, et c’est mon analyse perso, dans le fait que pour nous, Européens, le monde précolombien c’est fort lointain. Difficile donc de transposer un concept de la littérature européenne car nous avons peu de base pour nous appuyer dessus. Le mélange n’est pas instinctif et peut rebuter. 

D’ailleurs, merci aux illustrations du livre qui vont aider à l’imaginaire visuel du monde.

 
Et ça change des perruques de la montaigne (quoique...)

Necalli souriait pendant que l’ambassadeur Vodacce tentait de lui vendre des accords dont il n’avait cure. Tout ce qu’il voulait, c’était le métal et sa science et idéalement mieux comprendre la sorcellerie des princes, pour le jour où la flotte Nahuacanne serait assez grande pour venir conquérir ces pathétiques hommes blancs.”

Pour conclure mon tour du propriétaire, si je devais mitiger mon enthousiasme, ce serait dans l’inclusion du Nouveau Monde dans l’univers. 

Le livre fait référence aux sorties plus anciennes et l’inclut dans l’univers en expliquant les conséquences sur l’ancien monde de sa rencontre avec le nouveau. L’inverse n’est pas vrai et on sent que chaque livre est écrit après le précédent et que donc l’inclusion se fait à posteriori, rendant l’insertion moins organique.

Par exemple, le vent de révolte en Montaigne est mentionné et est relié par l’étude des philosophes montaginois de l’Alliance Nahuacanne et de sa société basée sur le mérite et non le sang. Seulement cette insertion n’apparaît pas dans le Volume 1 des Nations de Théah qui traite de la Montaigne. Le raccord est donc fait mais à posteriori.

 

En bref

Le Nouveau Monde n’est sans doute pas le complément indispensable de la gamme 7ème Mer (mais aucun ne l’est vraiment). Cependant, je ne peux que le conseiller aux friands d’atlas complet ou ceux qui cherchent à proposer à leurs tables des nations originales qui ne confinent pas à la caricature. 

En parlant de nations, je vous donne rendez-vous prochainement pour la seconde partie de ma chronique qui entrera dans le vif du sujet !

 

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