Review (VF) : Nations de Théah, Vol. 1 (1/2) (7ème Mer)

Bonjour à tous !

Aujourd’hui on va attaquer (enfin) les compléments de la 7ème Mer !  Ce jeu vous savez comme je l’aime, et pour ceux du fond qui ne suivent pas, vous pouvez trouver ma première chronique générale sur la gamme que je vous conseille d’avoir lu avant d’attaquer celle-ci. Quand vous l’aurez lue, vous saurez donc que je suis totalement partial, mais pour de bonnes raisons, et que j’ai conscience des défauts de la gamme. Je ne vais pas revenir sur tout ça ici.

Bien maintenant que c’est dit, je vous propose de vous aventurer avec moi dans ce premier chapitre qui s’attaquera aux “Nations de Théah Vol. 1”. L’ouvrage revient sur les nations originelles de la gamme et plus particulièrement les nations “occidentales”. On va donc parler de la Montaigne et de la Castille dans cet article, et ensuite de l’Avalon et du Vestenmennavenjar (qui est imbattable au scrabble) dans le suivant (article à paraître).

A la fin de cette lecture, vous aurez eu un résumé des canevas de chaque nation (aussi sincère que sans doute parfois légèrement infidèle), mon angle d’attaque (ou mon coup de cœur) quand je dois la maîtriser, un petit « Nation à défendre ou Révolution à mener ? » parce que John Wick aime cette question et « Cette nation est faite pour vous si… » juste pour que vous puissiez trouver nation à votre pied ! 

Fiche technique

Éditeur : Studio Agate
 
Pagination : 482 pages
 
Résumé : Un vent de changement souffle sur les Nations occidentales de Théah. Les tensions s’accroissent tandis que grondent les voix d’hommes et de femmes défavorisés et éprouvés par la guerre, las du joug implacable de la noblesse. Le peuple se tourne désormais vers ce qu’il perçoit comme son seul recours : la révolte !

« Toute petite mise au point de votre tour opérateur : ne quittez pas vos sièges s’il vous plaît… »

On va juste commencer par grogner un coup. (Et c’est un grognement général !)

Mais pourquoi, pourquoi n’existe-t-il pas une timeline générale dans ce fichu bouquin ? (Et j’ai vérifié y en a pas non plus dans le livre de base.) Ça me rend fou parce qu’on vous renvoie à des événements comme la Guerre de la Croix, élément fondateur de pas d’événements géopolitiques actuels, mais personne ne s’est dit qu’il aurait été bon d’en faire une petite explication quelque part. La guerre Montaigne – Castille ? Elle existe mais on vous en fera pas une petite fiche quelque part, amusez-vous à l’inventer.

Et quitte à parler histoire, vous aurez une galerie de personnages de fou. Vraiment y a de tout et c’est cool. Encore plus sympa, on vous propose des petites pistes de scénarios pour chacun d’entre eux. Très peu sont oubliables, la plupart entraînent des changements importants. Seulement, intégrer un élément du genre : “En fait elle réalise qu’elle est la fille cachée du Roi de Castille et demande de l’aide aux PJ pour récupérer le trône”, c’est porteur mais y a aucune info nulle part sur cette idée. Et pour le même prix, vous allez avoir un autre PNJ qui leur apprendra que “Le Roi est stérile et n’a jamais eu d’enfants.”

Paie la contradiction. 

Sincèrement (et je sais que je l’ai déjà mentionné dans ma critique générale), mais cette absence de formalité du monde se fait le plus cruellement sentir quand vous tentez d’avoir une vision claire d’une nation. Ça rejoint l’ambiance John Wick qui pousse les gens à changer le monde, mais il va vous falloir vous armer de patience pour tout dépatouiller.

Remarquez que je peste alors que je suis le premier à lire un bouquin, prendre deux-trois notes dès les premières lignes et imaginer mes scénarios tout seul dans mon coin. C’est ma contradiction personnelle, ne me jugez pas !

Maintenant que vous êtes prévenu, passons maintenant aux nations !

7ème mer, c'est bien le seul jeu qui veut vous faire croire qu'il ne pleut jamais en Angleterre !

Avalon : le crossover de Braveheart et de First Contact 

L’Avalon est le reflet du mythe arthurien sur Théah revu par un Spielberg tombé amoureux des tables rondes juste après avoir bouclé “Rencontre du Troisième Type”.

La base est plutôt classique : une reine ceinte du Graal réunit trois royaumes sous sa coupe et amène un âge d’or. Rajoutez-y les Highlands nostalgiques de leur liberté passée, et un Innishmore empêtré dans ses légendes qui en deviennent encombrantes. Ça sonne bien et c’est propre.  

Et puis soudain arrivent des fées ! Les “sidhes” ne sont pas de ce monde (ou plutôt, étaient là il y a très très longtemps) et cachent un agenda secret. Là ça m’a réveillé ! Sincèrement, les Sidhes c’est la touche finale qui m’a fait aimé l’Avalon au-delà de son setting assez convenu. 

Quelles aventures pour vos joueurs ?

Commençons par les Sidhes en Avalon. Qu’on ne se trompe pas, le retour des Sidhes n’est pas le retour des légendes mais la prise de contact entre deux mondes que tout sépare. Et ce qui va suivre n’est rien de plus ni moins qu’une invasion lente et insidieuse d’un peuple qui profite de la difficulté d’un autre pour prendre ce qu’il veut

Faire jouer ça, c’est prendre à contre-pied le mythe arthurien, c’est faire un pied-de-nez aux contes pour mettre vos joueurs dans la peau des lanceurs d’alerte et sans doute du seul espoir de l’humanité. Car sinon, le monde demain sera un royaume de fées esclavagistes ! (Si elles n’estiment tout simplement pas qu’il serait préférable de faire du tri dans les habitants locaux). Ce pitch, c’est ce qu’il faut faire jouer à vos joueurs d’Avalon, qu’importe leur région d’origine. Encore plus s’ils utilisent la magie du glamour : du dilemme à l’état pur !

Du côté des Highlands, la problématique trouve des échos dans nos débats contemporains. Dans la région, des velléités d’indépendance cachent de biens moins nobles objectifs. Alors oui, nos braves Scotts voient d’un mauvais œil les Sidhes et aimeraient mettre de la distance entre eux, cette Couronne semble aveugle à la menace, et c’est sans doute sain. Mais ils n’apprécient pas non plus que la reine inspire les femmes du pays à vouloir les mêmes droits que les hommes, ce qui n’est pas acceptable pour les traditionalistes. Ces mêmes gens qui utilisent la pauvreté réelle comme huile à jeter sur le feu des amertumes en accablant la Couronne d’Avalon d’une situation dont elle n’est pas entièrement responsable. 

Un parallèle troublant et intéressant qui, à mon sens, nous renvoie à l’actualité. Remplacez Sidhe par “étranger” et saupoudrez le tout de “féminisme radical”, et sincèrement je crois que je peux remplir un bingo pour Valeurs Actuelles. Amenez vos PJ à vouloir l’indépendance des Highlands, puis voyez-les déchanter sur leurs alliés et se demander si la fin justifiait vraiment les moyens.

Pour ce qui est de l’Innishmore, j’avoue qu’elle m’inspire moins que les deux autres nations. On parle d’une terre de magie ancienne, d’une légende couronnée qui pousse son royaume vers le gouffre, je pense que vous pourrez y trouver votre bonheur si vos PJ sont fans de prophéties.

Nation à sauver ou tyrannie à vaincre ? 

Difficile à répondre comme cela. Selon moi, l’union fait la force et les griefs exposés sont bien souvent des prétextes d’une minorité à renverser le pouvoir en place. D’un autre côté, les nations ne doivent-elles pas être libres de décider de leur sort ? Une question qui pourra alimenter la quête de nombreux personnages. Je trancherai sur le « à sauver », mais n’hésitez pas à me contredire dans les commentaires !

L’Avalon est faite pour vous si :

– Vous voulez incarner des héros du mythe arthurien à la sauce victorienne.

– Vous brûlez d’envie de porter le kilt et d’appeler à l’indépendance tout en vous méfiant de ceux qui vous accompagnent.

– Vous aimez le cynisme d’une féerie aux relents dictatoriaux et les menaces d’une guerre rampante.

– Vous voulez braver les mers et appartenir à une puissance maritime sans égale.

"Vous n'aurez pas ma liberté de penser !"

Castille : « Être Zorro, c’est quand même mieux quand le monde va mal, parce que sinon bonjour l’ennui »

La Castille est mourante. Les différentes guerres au nom de la foi ont tué ses enfants. La noblesse est à genoux et son roi est l’invité permanent du Saint-Siège. Quant aux universités, elles sont scrutées et jugées par l’implacable Inquisition brûlant de contrôler (ou détruie) le savoir. Il ne reste guère d’espoir à l’ombre des haciendas de Castille.

Après avoir suivi un troisième prophète dans son appel à la haine, la Castille a offert son âme à l’Inquisition contre une mort lente et indolore. C’est définitivement tragique et idéalement vous savourez le tout sur un air de fado.

Quelles aventures pour vos joueurs ?

Choisissez votre cause et embrassez le combat de votre choix, les luttes ne manquent pas. Trimballez vos joueurs dans les conspirations d’universités qui cachent le savoir, embarquez-les dans une tentative désespérée de libérer le roi, et finissez tout ça dans un dernier combat héroïque avec, peut-être, une fin heureuse !

Nation à sauver ou tyrannie à vaincre ? 

Ici, pas de doute, on est dans de la tyrannie bien comme il faut. Remarquez que c’est une tyrannie comme moi je les aime. Cette Inquisition dominatrice est composée de gens dont la plupart sont convaincus de faire le bien. Leur Chef, le Cardinal Vertugo, n’est pas un mégalomane ou un dément épris de violence, c’est juste un homme qui fait son devoir et qui est tristement convaincu du bien-fondé de son action. Vous allez adorer les détester, je vous dis !

La Castille est faite pour vous si :

– Vous aimez jouer des religieux partagés entre leur sincère foi et les agissements d’une Église à la dérive.

– Vous rêvez d’interpréter Zorro et à la cour de récré, vous ne pouviez jouer que Bernardo (Et sachez que jouer Bernardo est un honneur selon moi).

– Vous voulez jouer la carte mélancolie aventureuse de vos personnages (Le regard perdu dans le lointain et la moustache frémissante lorsqu’ils énoncent leur serment de vengeance).

– Vous voulez être persécuté pour vos convictions politiques et votre soif d’esprit éclairé.

– Vous savez prononcer brujería et lui donner la noblesse que mérite son nom.

A suivre…
Car oui la fin de ma chronique n’est pas pour cette fois -ci ! La suite se lit ici et clôt mon voyage parmi les nations de ce Volume 1 !
Dans un registre plus personnel, avoir relu les livres avec à l’esprit de vous raconter quelque chose, je me suis pris à ré-aimer ce que je connaissais déjà. Il y a quelque chose d’éternel dans l’affection que je porte à ces livres et cet univers qui porte les couleurs de l’héroïsme et des bons mots ! 

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