Review : La Boîte à outils du meneur de jeu

Le jeu de rôles, mine de rien, c’est quand même un sacré truc dans ma vie. Ma femme est une rôliste, pas mal de mes cercles d’amis en sont, et la première garde de mon entourage lance les dés comme personne. C’est sans doute le hobby qui m’accompagne depuis le plus longtemps dans la vie, et comme c’est parti, mon dernier souffle sera sans doute une last histoire à balancer.

Être MJ, c’est un peu ce qui me définit par rapport au jeu de rôles, et lorsque j’ai commencé il y a de ça presque trente ans, il n’y avait pas vraiment de formations. Souvent tu étais le (seul) gars qu’achetait les livres et qui faisait jouer ses potes et c’était tout. Pour le reste ? Tu te formais sur le tas et parfois, si tu allais dans un club (je suis de l’époque des âges sombres d’avant Internet), peut-être pouvais-tu trouver un mentor, ou plutôt un maître (Sith). Je dis Sith parce que lorsque ton maître, en tant que joueur, prenait souvent plaisir à te rendre la vie horrible en gloussant – c’était ça la leçon. Ne riez pas, je vous parle d’âges sombres.

Quand vous aviez de la chance, votre livre de base contenait parfois des conseils de maîtrise (souvent limités à quelques pages). C’était déjà ça, mais dans mes souvenirs c’était quand même sacrément lacunaire.

Je me rappelle toujours de cet ouvrage qui conseillait au MJ ne sachant pas comment exclure un joueur récalcitrant de… lui envoyer une lettre. (Oui, oui, une vraie lettre écrite à la main et postée jusqu’à son domicile).

Du coup, lorsque Lapin Marteau se décide à sortir une gamme qui parle technique et JDR, ça ne pouvait parler qu’à un gars comme moi. Bon, il a d’abord fallu que je découvre Twitter et le fait que deux ouvrages avaient déjà été publiés. Ces deux livres, « Mener des parties de jeu de rôle » et « Jouer des parties de jeu de rôles » ne seront pas l’objet de ma critique, mais je ne peux que vous en conseiller la lecture. Normalement, après ça – et le livre dont je vais vous parler – vous serez fin prêt pour sortir de l’auberge !

Aujourd’hui, donc, après une introduction fort longue, je vais (enfin) vous parler de la « Boîte à outils du meneur de jeu » ! Et pour commencer, je me permets de vous copier-coller la description de l’ouvrage issue du site de l’éditeur: https://www.lapinmarteau.com/shop/tout-voir/36-precommande-la-boite-a-outils-du-meneur-de-jeu-9782490390083.html

(Je reviens après, promis, pour vous donner mon avis)

« La Boîte à outils du meneur de jeu rassemble une centaine de fiches techniques à destination des meneurs et de ceux qui souhaitent le devenir. Quel que soit le jeu de rôle pratiqué, cet ouvrage donne de nombreux conseils concernant la plupart des aspects de l’organisation, de l’animation et de la scénarisation de parties.

Toutes les fiches proposent des techniques concrètes réellement testées et appliquées en jeu. N’hésitant pas à s’inspirer de jeux atypiques ou d’autres médias, celles-ci peuvent prendre la forme d’outils originaux ou de solutions précises à des problèmes fréquemment rencontrés. Ainsi, selon ses besoins, ses envies et son expérience, chacun pourra y découvrir de nombreuses idées pour enrichir ses parties de jeu de rôle.

Les fiches sont réparties dans quatre grandes parties thématiques :

  • organiser aborde tout ce qui concerne la mise en place d’une partie, ainsi que tout ce qui dépasse le cadre d’une session unique ;
  • scénariser concerne la préparation du contenu d’une séance, ce qu’il est possible de proposer aux joueuses et la façon de le structurer ;
  • animer se concentre sur des techniques dont la finalité est de capter et de conserver l’attention des participants, en leur permettant à la fois de s’exprimer et d’être impliqués ;
  • varier propose de sortir des sentiers battus grâce à des techniques alternatives, et propose d’intégrer des phases de jeu originales. »

Voilà et si vous n’êtes pas encore convaincu, je continue en reprenant la main !

Le livre est disponible en pré-commande jusqu’au 4 juin, mais j’ai eu le plaisir de parcourir le PDF de l’ouvrage. Alors qu’on soit d’accord, j’ai pas lu toutes les 784 pages de cette belle brique, mais ce n’est pas l’objectif du livre. Il est là pour être consulté encore et encore pour répondre à vos questions. Je vais vous parler des deux fiches qui m’ont le plus marquées).

Commençons par « Comment rendre un combat intéressant ». En ce moment, je maîtrise une table de Pendragon, où les combats sont aussi âpres que mortels (on perd vite un perso sur un mauvais jet). Je frustrais parce que j’avais l’impression que toute l’intensité de la scène venait du jet de dés et de la peur de la perte de son personnage. J’avoue que les combats, ça n’a jamais été mon fort, du coup cette fiche semblait être une parfaite réponse à mon problème.

La fiche propose une grille de lecture de ce que ce sera le combat. Il peut être récréatif (qui est là pour permettre aux joueurs d’avoir la part belle et à la tension de redescendre), pédagogique (là pour permettre à tout le monde d’appliquer les règles), évaluatif (là pour tester la puissance des personnages ou leur efficacité), ou paroxystique. (Ce que je recherche principalement pour Pendragon, parce que je veux une apothéose !)

Ces mêmes combats peuvent aussi être classés en trois catégories : Le mode narratif (qui est là pour faire avancer l’histoire), le mode dramatique (là pour faire évoluer non pas l’histoire mais le personnage), et enfin le mode immersif (Là pour susciter des émotions fortes à vos joueurs). Pour chaque catégorie, on vous donne des outils pour vous aider à atteindre l’objectif recherché.

Autant les premières catégories, j’avoue, je les avais plus ou moins en tête. Autant, les trois dernières, je ne l’avais jamais pensé sous cet angle. Grâce à cette lecture, je sais déjà que je vais pouvoir réfléchir autrement à mes scènes d’action pour leur donner le lustre qui manque parfois à ma gouaille.

Quant à la seconde fiche, elle parle du « Hot Seat » ! Tout d’abord, qu’est-ce qu’un Hot Seat ? Grosso modo, un joueur va devoir répondre aux questions posées par les autres joueurs concernant son personnage. Idéalement vous faites une séance de Hot Seat avant le premier scénario.

Le « Hot Seat », je le connais pour l’avoir pratiqué en JDR grandeur nature, et c’est clairement une valeur ajoutée, autant pour approfondir son personnage qu’améliorer la qualité des relations des joueurs entre eux. La beauté de la chose, c’est que je n’y avais jamais songé en termes de jeux de rôle.

Pourtant, élémentaire cher Quarantenaire, c’est une occasion parfaite pour que des joueurs s’approprient des prétirés. Ça évite la description, souvent creuse, des personnages en début de partie, ça approfondit les relations entre les personnages et ça donne à chacun une idée plus précise de qui est qui. Je promets qu’à ma prochaine partie one-shot (autant dire… dimanche), j’en fais mon affaire !

Et pour boucler la boucle, j’ajouterais que ces nombreux conseils s’avèreront certainement tout aussi pertinent pour les organisateurs de GN !

Si vous voulez d’autres exemples de fiches, je vous renvoie au site qui en propose trois : Mettre une scène en valeur, Transformer l’échec en un autre chemin, et Utiliser la musique comme élément de gameplay.

Jeux Et Accessoires / Sortir de l’auberge / Téléchargements

Voilà pour ce long article que je clôturerai par une citation (adorable) d’une de mes joueuses à qui je parlais du livre : « Ça a l’air super intéressant… mais toi, t’en n’as pas besoin.» (Je suppose qu’elle se réfère à nos dix ans de jeu de rôles passés ensemble qu’elle semble apprécier).

Ça m’a fait plaisir mais à vrai dire, ce n’est pas aussi simple. Certes, quelques décennies de maîtrise m’ont appris des trucs, et j’ai mes recettes maisons mais… Comme tout artisan (pour reprendre l’analogie de la recette), on ne cesse d’apprendre et on ne peut que s’améliorer. Lire ce que j’ai compris, de façon claire et formalisée, ou avec d’autres mots, me permet de mieux encore appréhender les concepts.

Rien que ça devrait vous convaincre, mes amis conteurs d’histoires partagées, de l’acheter. Quand on réunit une bande de potes même trente ans après, c’est quand même pour leur offrir le meilleur, non ?

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