Preview (VO) : Inferno – Dante’s Guide to Hell for 5e

Les éditions Acheron m’avaient déjà marqué l’année dernière par BRANCALONIA, le setting « Fantasy Spaghetti » pour DD5. Hommage à une ambiance légère où les bagarres d’auberge sont la base d’une bonne histoire et où les dragons sont des banquiers pleins de bagouzes, la proposition m’avait fait sauté le pas.

Aujourd’hui on est moins dans la pantalonnade car Achéron s’attaque à une autre facette des histoires à l’italienne en vous proposant rien de moins que d’arpenter la « Divina Commedia » de Dante. Une œuvre littéraire qu’on vous transpose en D20 avec une direction artistique à pleurer des larmes de bonheur, c’était trop de qualificatifs pour que je n’en fasse pas un petit billet !

La review se base sur le kit de démarrage qui propose un résumé du jeu, un scénario et quatre prétirés. Elle n’a pas vocation à être finie et attendra le produit final dans mes mains pour achever l’ouvrage.

La campagne kickstarter a lieu ici

Fiche technique

Éditeur : Acheron
 
Résumé :

Inferno is the first original Dantesque Campaign Setting for the 5th Edition of the most important RPG ever created (and played!).

We are working for three years to complete this project exactly on the occasion of the 7th centenary of the death of Dante Alighieri (1321-2021) and our project will adapt The Divine Comedy, an epic narrative poem widely considered to be the pre-eminent work in Italian literature and one of the greatest piece of world literature, into a tabletop role-playing game. All perfectly combined with the sense of wonder, the spectacularity and the amusement of the 5th Edition! 

Our Inferno is not just a hell-themed Campaign Setting like many others, but a unique and unforgettable experience. We have studied the original poem for years and translated in the game every monster, phenomenon, environmental effect, situation, and peril of Dante’s Inferno, to let the players having a complete, philological experience of the content.

« Incipit Comedia Dantis Alagherii, Florentini natione, non moribus »

Dans « Inferno – Dante’s Guide to Hell for 5e » Les joueurs incarnent des vivants perdus dans les cercles des enfers appelés « travellers ». Le MJ, lui, a deux rôles D’une part, il incarne le « Guide » qui est l’envoyé de puissance supérieure afin de guider les travellers sur le chemin d’une possible rédemption, et d’autre part, il est le MJ dans le sens classique du terme. Deux facettes finalement de la narration de l’histoire : le devant et le derrière du rideau de la scène (ou de l’écran autour de table).

“Il n’est pire douleur que le souvenir du bonheur au temps de l’infortune.”

On est dans de la poésie qui respire, autant vous dire que vous n’allez pas créer un personnage et chercher à optimiser sa fiche aux petits oignons. Vous allez donner vie aux mots de Dante et devenir un « Lost One », un mortel qui a atteint les enfers à sa mort et qui espère pouvoir le quitter. Notez que le mot espoir n’est pas synonyme de réussite. Comme dirait l’auteur, il vaudrait mieux ne pas trop y croire.

Au chapitre des petits plaisirs coupables d’être un « Lost One », sachez que puisque vous êtes donc vivant, vous projetez une ombre et vos pas laissent des traces… à la différence des morts qui hantent les cercles des enfers. Tout cela vous rend donc visible et goûteux pour les bêtes infernales. Joie infernale, mes amis !

Niveau mécanismes, il n’y a pas de race jouable puisque votre entrée dans les enfers vous transfigure. Ce qui importe c’est ce que vous avez été de votre vivant, c’est ce qui définit votre archétype. Chaque archétype se réfère à une classe de DD5 qu’il tord pour en tirer tout le mal que avez pu commettre.

Dans le Kit vous avez le Tyran (Guerrier) aux champs de batailles sanglants, l’Iluminati (Mage) qui s’est laissé ronger par la nécessite d’accumuler les biens matériels pour ses recherches occultes, l’Exilé (Ranger) qui a fui ses responsabilités (Par exemple un déserteur) et le Saint (Paladin) qui en servant son dieu a perdu la foi. On évoque les autres possibilités mais les classes ne seront pas plus développées dans le kit. Le choix semble au final large et confirmera que vous n’êtes pas là pour incarner un type bien. Choisir un archétype, c’est aussi définir les pouvoirs que vous accorde Lucifer dans son Royaume. Car oui vous venez de le lire, ce bon Lucifer ne vous veut pas mort (ça il en a déjà plein), il veut que vous utilisiez ses charmants dons pour survivre et vous damner.  Sympa non ?

On parlait espoir que ce bon Lucifer veut vous voler. L’espoir c’est la conviction que si vous rejoignez le monde matériel et quittez les enfers, il vous est encore possible de vous rédemptez et de recevoir la grâce du Seigneur. Tant que vous en avez, vous continuerez à avancer. Une fois perdu, vous cédez à Lucifer et votre personnage devient PNJ. C’est la seule façon de « disparaitre » dans le jeu, car la mort n’est pas une fatalité dans les Enfers. Cette ressource ne pouvant se récupérer que soit par le don d’un autre de son propre espoir soit dans des rares endroits des enfers. Vous vous doutez que les mécanismes du jeu vont vous pousser à l’utiliser et ne le régénérer que suffisamment rarement pour vous tenir la tête hors de l’eau.

Niveau mécanismes, rien à redire. J’aime bien la réinterprétation des classes, j’aime que ce qui tue n’est pas la mort. Le tout a un côté fatidique, déchéance lente avec des sursauts d’héroisme qui peut donner une bonne histoire.

"aucune gloire n'attend le servant du divin"

“Chacun a une idée confuse d’un bien où son âme puisse se reposer ; il le désire, par suite, il s’efforce d’y atteindre.”

Les Cercles des Enfers ne sont pas tous décrit dans le Kit mais voilà ce qu’on peut en retirer.

Tout d’abord, licence poétique oblige, les enfers sont au centre de la terre là où Lucifer est tombé avec ses alliés. Une immense forêt est apparue avec les siècles entre les enfers et notre monde, la forêt sombre. Une fois cette forêt franchie, vous vous trouverez dans l’antichambre des enfers peuplée de ceux qui n’ont pas choisi de camp dans la guerre du bien et du mal. Ensuite vous rencontrerez les eaux noires de l’Achéron qui sépare l’Antiferno des Limbes. Plus loin vous pourrez trouver la Cité de Dis. Un voyage magnifique et évocateur !

Au niveau des protagonistes rencontrés par les « Travellers », on évoque les âmes déchues qui jalousent ceux qui ont encore de l’espoir – tout en les suppliant de traverser les cercles des enfers, porter des messages pour eux ou encore leur raconter leur vie, faisant parfois écho aux passés des travellers. Le reste – diables et créatures mythiques – ne sont pas mentionnés et le seul aperçu se trouve dans le scénario avec Caronte (Charon dans nos contrées francophiles) et un ange apathique.

Avec ce peu d’information, on peut quand même apercevoir les teneurs d’une ambiance pesante, assez sinistre qui sert le concept de descente aux enfers.

« Certains attendent que le temps change, d’autres le saisissent avec force et agissent. »

Reste la question du “est-ce que DD5 se prête à une pareille histoire” ?  

Le scénario proposé plonge les joueurs dans la Sombre Forêt, après qu’ils aient tenté de monter à bord de la barque de Caronte .  Celui-ci, rétif à aider des vivants, pourrait se laisser convaincre si lesdits vivants enquêtaient pour lui sur une créature qui amasse des âmes en toute impunité.

Niveau histoire, on voit le squelette classique d’un scénario DD5. De l’investigation, un peu de voyage et une confrontation finale. Dit comme ça, ce ne serait pas néanmoins rendre hommage à l’habillage qui va faire la différence.

L’ambiance est retranscrite dans les encarts de l’histoire et donne une tonalité propre à l’univers de la Divine Comédie. Le conflit final et son protagoniste fonctionnent bien et offre un adversaire qui donne le change. Il manque des interactions avec les morts, et c’est sans doute là que je retravaillerais un peu le scénario pour utiliser toutes les propositions évoquées par le kit de démarrage.

Le système fonctionne donc et l’histoire est efficace. Bien sûr il ne faut pas être réfractaire à lancer les dés mais quelque part c’est un peu le marché proposé par le jeu.

"Charon dans toute sa puissance titanesque"

En bref

« Inferno – Dante’s Guide to Hell for 5e » est un setting original pour DD5. En prenant ce parti, il éclipse la proposition classique des enfers et n’en déplaise à Asmodée (Le prince des Enfers by DD5), je lui préfère la proposition de Dante. Le jeu est donc utilisable en l’état avec sa tonalité chrétienne où en suite de campagne lorsque les héros effectueront ce long voyage dans les Enfers avec quelques aménagements.

Le tout est servi avec des illustrations magnifiques qu’Acheron maîtrise qui devrait vous convaincre pour le peu que vous parliez anglais. Pour les autres, on ne peut qu’espérer une traduction française qui devrait avoir lieu, je pense (La question du quand et du comment, par contre, c’est une autre affaire).

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