Review (VF) : Descente en Averne (DD5)

A l’ombre d’une canicule quoi de mieux qu’une campagne dans les Enfers ? C’est ce voyage que je vous propose aujourd’hui avec “Descente en Averne”, la dernière campagne disponible en VF chez “Novalis” et qui propose aux joueurs de commencer à la Porte de Baldur pour finir dans la première Strate des Enfers : l’Averne. Avouons que ça claque plus que deux hobbits qui partent de la Comté pour aller jeter un anneau de mariage dans le volcan d’Auvergne. Tolkien n’a donc qu’à se rhabiller !
 
Avec un thème aussi épique et en invoquant la légendaire Porte de Baldur, on s’attend à vivre non pas une aventure mais ZE AVENTURE. Et on est en droit de se demander si le pari réussi… Et bien allons y pour une petite chronique des familles !

Fiche technique:

Editeur: Novalis

Résumé:

Ce livre d’aventure pour Dungeons & Dragons 5 emmène les joueurs des niveaux 1 à 13 à travers Baldur’s Gate jusqu’en Averne, le premier niveau des Neuf Enfers.

Bienvenue à Baldur’s Gate, une ville d’ambition et de corruption. Vous venez juste de commencer votre carrière d’aventurier, mais vous vous trouvez déjà pris dans un complot qui s’étend de l’ombre de Baldur’s Gate jusqu’aux lignes de front de la guerre des plans ! Avez-vous ce qu’il faut pour retourner les machines de guerre infernales et les contrats infâmes contre l’archidémon Zariel et ses hordes diaboliques ? Et pouvez-vous espérer retrouver le chemin du retour en toute sécurité lorsque vous serez confronté aux maux infinis des Neuf Enfers ?

Baldur’s Gate est l’un des lieux les plus emblématiques de la culture fantastique. Métropole brumeuse de la Côte de l’Épée, c’est un lieu d’histoire et un foyer pour les héros. 

C'est quand on voit ça, qu'on réalise que la bataille du Gouffre de Helm, c'est totalement surfait !
« Ce qui est magique dans Donjon c’est que vous pouvez y trouver de tout. Y compris un mammouth céleste pourvu d’ailes de cygne. C’est un peu le Babar local, bien éduqué et fan de Célestes »
 
Commençons cette chronique par sa conclusion parce qu’elle m’est venue tout naturellement à la fin de ma lecture. Descente en Averne veut nous offrir le meilleur, mais engoncé dans la logique de DD5, n’arrive pas à nous offrir la démesure espérée.
 
Alors ne soyons pas bégueule non plus. Descente en Averne est plein de bonnes idées et décoche des pnjs et des ambiances bien funky mais dans un univers régit par des levels et par une volonté tout public, on reste quand même fort dans les clous.
 
Vous connaissez la chanson, mais sachez que je vais sans doute spoiler ici et là pendant les prochaines lignes. Je vais, bien entendu, éviter de trop spoiler mais pour être étayer mon propos, c’est nécessaire.
 
Le Pitch pourtant commençait bien. Les joueurs sont dans un des pires bouges de la côte des épées, la Porte de Baldur et voient arriver des cohortes de réfugiés de le la ville d’Elturel. Ces pauvres hères affirment que la ville a disparu aussi horriblement que simplement. On se retrouve entre gestion d’une crise humanitaire, complots de politiciens pour en tirer profit et angoisse légitime qu’il arrive la même chose aux Balduriens, ce qui rend ce premier chapitre prometteur. Il fait une excellente parabole à de nombreux replis nationaux quant aux désastres que connaît notre monde, je l’apprécie donc pas mal.
 
Ensuite les pjs comprennent que la ville n’a pas disparu mais est quelque part en Averne (la première strate des enfers) et comme ils sont complètement suicidaires, ils se décident d’y aller pour sauver les gens. Sérieusement c’est pas des héros à ce moment de l’aventure, c’est des saints… Enfin des inconscients plein de principes, mais ça revient au même !
 
Chapitre correct mais, Seul hic, il est assez court. De la Porte de Baldur vous ne verrez pas grand chose et n’en sortirez qu’avec un goût de beaucoup trop peu. Critique d’ailleurs assez fréquente en VO en reprochant de titrer “Porte de Baldur” pour attirer le chaland tout en lui donnant tout sauf ça. J’avoue que je suis assez d’accord sur le fond mais d’un autre côté on doit aller en Averne… Coupons la poire en deux et reconnaissons que c’est quand-même toujours mieux de visiter un lieu connu, même fugacement, que de partir d’un endroit inconnu et donc oubliable.
Le jour où la formule 1 s'inspirera de ça, j'en serai le premier fan !

« Je vous le dis, on ne vote pas Ecolo dans les Enfers. Tes véhicules sont des moissonneuses batteuses nourries à l’essence d’âmes. Plus polluant que ça t’es un étron d’Archidiable ! »

On en vient enfin au Core business de la campagne : les Enfers. Sur le papier, les auteurs se sont fait plaisir. On ne sait pas où donner de la tête : on a un Archange déchu régnant sur la strate. Des diables  envieux prêt à le trahir. Une Guerre Sanglante  (Ndlr : La guerre éternelle qui oppose les diables et les démons, l’axe perverti de la loi et du chaos version maléfique) qui bat son plein, et parce que c’était pas assez, une nuée de seigneurs de guerre en roue libre. Limite la ville d’Eldurel, c’est juste pour l’excuse (comme l’anneau de mariage des hobbits plus haut) parce que le conflit dépasse largement des milliers d’âmes prêtes à être damnés.

Malheureusement et c’est de l’adn même de D&D que va venir le problème. Tout d’abord, on voit assez rapidement les fils qui tissent l’histoire et on sent que les petits sentiers pris sont là pour baliser la route principale et que quoi que veulent ou pensent les joueurs, faut faire gaffe aux clous. Après les choix proposés ne sont pas pour autant dénués d’intérêt. Pour exemple Zariel, l’Archange déchu, peut être affronté/abordé de plusieurs façons, la campagne proposant plusieurs alternatives. Il est tout autant possible de se mettre à son service que de l’affronter ou encore tenter de le “rédempter”.  Seulement la façon de parvenir à ces différents choix ne diffère que dans sa conclusion et non dans son cheminement

Autre problème, c’est le manque de malfaisance des diables/démons et autre engeance du mal. Globalement les méchants manquent de subtilités et ne sont pas aussi effrayant qu’ils ne pourraient l’être. C’est comme ce bon Jafar, il met injustement les gens en prison et envoie des Aladdins à la mort mais jamais il ne giflera un enfant qui lui tire la langue (Licence poétique j’écoute). Pour ma part, j’ai envie de dire, ce n’est pas une surprise. On ne fait pas du Kult dans les campagnes officielles Wizard and the coast mais ça laisse un goût de trop peu.

A gauche Babar le sympathique, à droite Céleste la mécontente. Cette campagne c'est la "Mégère" de Molière version bad-ass !

« Ce qui m’a fasciné c’est qu’ils ont replacé Tiamat dans cette campagne. C’est un peu le Stan Lee du Donjon. Si elle n’est pas là, ce n’est pas vraiment une campagne »

Le livre se finit sur une présentation plus en détail de la Porte de Baldur, à l’instar de Waterdeep dans le Vol du Dragon. Les informations sont intéressantes, la partie background n’est pas sotte mais j’ai quand même l’impression de pas trop savoir quoi en faire.

C’est un bon guide de la ville de Baldur. Mais vu le peu de temps que les joueurs vont passer à la Porte, vous n’allez pas pouvoir l’utiliser pleinement. D’un autre côté, si vous voulez faire une campagne précisément sur ce lieu mythique, allez-vous acheter une campagne qui se passe principalement dans les Enfers ?

Intéressant mais sans doute pas totalement pertinent dans le cas présent.

On finit sur un petit paysage bucolique d'Averne avec ses chaines typiques et ses tons orangés du plus bel effet !

Conclusion:
J’ai envie de dire que Descente en Averne déçoit dans sa timidité à proposer un décor à la hauteur des Enfers. La Malédiction de Strahd a prouvé que Wizard pouvait oser l’horreur et j’aurais aimé qu’ils réitèrent l’exploit ici. On pourra en retirer du plaisir mais ce ne sera pas la campagne que je conseillerais de maîtriser en premier.

Allez je vous laisse, je retourne chevaucher ma bécane infernale pour sillonner Averne ! Car  oui il y a tout un pan du jeu qui consiste à se fournir sa propre bécane hurlante et limite affronter d’autres bandes de motards des enfers. Du Mad Max Fury Road souffre-plutôt-que-le-bitume qui m’a quand même fait bien marré

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